Le blog de Trop ( vraiment inutile ! )

C'EST PAS PARCE QU'ON A RIEN A DIRE QU'IL FAUT FERMER SON PC !

4.44

 

 

 Est-ce que c'est possible d'avoir une vie "normale" quand on travaille la nuit ? Il y a longtemps que j'ai répondu non à cette question.

La nuit dernière, une de repos donc. Couchée à minuit, pour un mouvement de chat sur mon lit je m'éveille. 4.44 indique le réveil. Et voilà. Nuit terminée. Dehors les oiseaux s'égosillent à qui mieux mieux, indifférents à la triste marche du monde, qui se fait sur la tête. J'essaye de faire de cette insomnie quelque chose de doux, en pensant d'abord à lui, qui probablement dort.

Quelquefois,  penser que quelqu'un rêve peut-être de vous suffit pour éclairer la nuit. Là non. Penser oui, mais gamberger non. Les doutes et les inquiètudes se radinent vite fait.

Heureusement, il y a un moyen radical d'échapper à leur emprise : la lecture.

Et curieusement, le hasard fait que parfois, ça correspond exactement à ce qu'on voudrait plus ou moins oublier.

 
 

 " C'est triste des gens qui se couchent, on voit bien qu'ils se foutent que les choses aillent comme elles veulent, on voit bien qu'ils ne cherchent pas à comprendre eux, le pourquoi qu'on est là. ça leur est bien égal. Ils dorment n'importe comment, c'est des gonflés, des huîtres, des pas susceptibles, Américains ou non. Ils ont toujours la conscience tranquille.

J'en avais trop vu moi des choses pas claires pour être content. J'en savais de trop et j'en savais pas assez. (...)

Ce qui est pire c'est qu'on se demande comment le lendemain on trouvera assez de force pour continuer à faire ce qu'on a fait la veille et depuis déjà tellement trop longtemps, où on trouvera la force pour ces démarches imbéciles, ces mille projets qui n'aboutissent à rien, ces tentatives pour sortir de l'accablante nécessité, tentatives qui toujours avortent, et toutes pour aller se convaincre une fois de plus que le destin est insurmontable, qu'il faut retomber au plus bas de la muraille, chaque soir, sous l'angoisse de ce lendemain toujours plus précaire, plus sordide.

C'est lâge aussi qui, vient peut-être, le traître, et nous menace du pire. On a plus beaucoup de musique en soi pour faire danser la vie, voilà. "

 

 L.F.Celine, Voyage au bout de la nuit

 

  

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Publié à 10:16 , le 14 avril 2008,
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